Mots de Borges


En lisant des oeuvres de Jorge Luis Borges (dans leur traduction française), j’ai découvert des mots plus ou moins usités mais toujours magnifiques et pleins de sens. En voici quelque uns, avec leur définition (CNRTL) :

Éléatique (adj.) : Qui appartient à l’école philosophique d’Élée selon laquelle toutes les connaissances nous venant par les sens sont sujettes à caution, seules étant certaines celles dues à la raison.

Apocryphe (adj.) : Dont l’Église ne reconnaît pas l’origine divine, qu’elle place hors du canon des Livres inspirés.

Admonestation (n.) : Avertissement accompagné souvent d’un jugement sévère, voire d’un blâme.

Indigence (n.) : État, situation de besoin, de manque.

Édénique (adj.) : Qui se rapporte à l’Éden, au Paradis terrestre.

Simoniaque (adj.) : De simonie (n.), volonté délibérée de vendre ou d’acheter un bien spirituel ou intimement lié au spirituel (bénédictions, grâces, bénéfices ou dignités ecclésiastiques) pour un prix temporel (somme d’argent, présent matériel, protection ou recommandation); se dit d’une pratique qui en résulte.

Déprécation (n.) : Prière faite avec instance et soumission pour obtenir le pardon d’une faute et détourner un châtiment.

Gémination (n.) : disposition par paire

Scissiparité (n.) : division en deux fragments

Engeance (n.) : race, espèce.

Hypogée (n.) : Construction souterraine destinée à des sépultures.

Corybante (n.) : Le plus souvent au plur. Prêtres de la mère des Dieux, Cybèle, qui dansaient armés, aux sons des flûtes, des tambours, des trompes et des boucliers frappés par les lances.

Élégiaque (adj.) : Qui est propre à l’élégie, poème lyrique de facture libre, écrit dans un style simple qui chante les plaintes et les douleurs de l’homme, les amours contrariés, la séparation, la mort. Par ext. : Qui a le ton triste et mélancolique de l’élégie ou de ses personnages; plaintif, éploré.

Infatuation (n.) : Satisfaction excessive, admiration ridicule qu’une personne éprouve pour ce qu’elle croit être, pour la valeur qu’elle attribue à ce qu’elle fait. Excessive prétention.

Famélique (adj.) : Qui souffre de la faim, qui est très maigre, décharné par le manque de nourriture.

Solécisme (n.) : Faute contre la syntaxe au regard de la grammaire ou de l’usage jugé correct à une époque donnée. Par ext., faute contre la règle, la norme, dans quelque domaine que ce soit.

“Parler c’est tomber dans la tautologie. Cette inutile et prolixe épître que j’écris existe déjà dans l’un des trente volumes des cinq étagères de l’un des innombrables hexagones - et sa réfutation aussi.”

La Bibliothèque de Babel - Jorge Luis Borges (dans le recueil “Fictions”)

Sur le vote blanc


François Sauvadet, vice-président du groupe UDI à l’Assemblée nationale, a déposé une proposition de loi visant à reconnaître le vote blanc aux élections.

Réagissant sur son blog à l’article de Laurent de Boissieu évoquant la question, voici quel était mon point de vue :

Selon moi, la procédure électorale a pour simple but de révéler, par une simplification grossière, la diversité des opinions des citoyens. Autant le mode de scrutin peut avoir une influence significative sur le passage « opinion » vers « désignation des élus », autant la comptabilisation des votes blancs dans une catégorie ou une autre ne change rien. Je veux dire par là qu’il y aura la même masse de personnes indécises, que ces personnes votent blanc, nul ou s’abstiennent. La légitimité des élus ne serait pas moins forte, si par un tour de passe-passe une partie de la catégorie abstentionniste se déversait dans la catégorie vote blanc et qui étant comptabilisée comme des suffrages exprimés, se retrouverait, par simple effet d’affichage, numériquement devant les électeurs de telle ou telle personne. Le choc s’en retrouverait seulement plus fort de voir que tant d’électeurs ne souhaitent pas désigner une personne pour les représenter. Quant au symbolique 50% plus une voix, certains députés l’ayant remporté dans une triangulaire ne s’en portent pas plus mal que d’autres question légitimité.

Cela dit, si la question du vote blanc ne change rien en termes de masses, est-il pour autant légitime qu’une société admette que ses membres choisissent de ne rien choisir quand à l’organisation de la Cité ? Si un citoyen ressent que parmi ce qui lui est proposé, rien ne lui convient au point qu’il lui est impossible de choisir entre la peste et le choléra, le plus crucial, s’il tient à ce que son organisation démocratique perdure, est qu’il se présente lui-même pour affirmer ce qui doit être à ses yeux la solution. Le vote blanc n’a donc sa place qu’au second tour, une fois que l’on a tenté d’apporter sa pierre à l’édifice et que cette fois il est impossible de choisir entre ce qui reste, la peste et le choléra. Et dans ce cas, plus que la reconnaissance ou la comptabilisation, il faudrait plutôt proposer, au même titre que des bulletins des deux autres listes et des deux autres candidat, des bulletins blancs aux électeurs.

Plus important donc que la question du vote blanc est : pourquoi tant de personnes ne votent pas ou préfèrent voter blanc plutôt que de se présenter ? Parce que beaucoup ne pensent rien, ne lisent rien et travaillent toute la journée, allument TF1 le soir en mangeant, vont se coucher pour mieux recommencer une journée de travail le lendemain. Difficile dans ces conditions de prêter quelqu’intérêt à la chose publique. Je ne plaide pas du tout ici pour une réponse étatique à ce mal et je sais d’ailleurs que je m’égare sans doute, que la question du vote blanc mérite d’être tranchée au delà de ces réflexions oiseuses. Mais je pense simplement que ce sujet est un débat de “riches”, de personnes qui réfléchissent beaucoup en oubliant que le plus crucial est que beaucoup ne réfléchissent pas. Je le dis avec d’autant plus d’honnêteté que si la question m’avait été posée il y a quelques mois, j’aurais eu le discours d’un ardent défenseur du vote blanc et qu’aujourd’hui je m’en moque gentiment.

Un ennemi du peuple : une réflexion libérale #Ibsen #Ostermeier #FestivaldAvignon


Thomas Ostermeier est un habitué du Festival d’Avignon mais il ne lasse pas les festivaliers. Cette année, son adaptation d’Un ennemi du peuple (1883) de Henrik Ibsen (1828-1906) est tous les soirs ovationnée : c’est mérité.

Bien que le texte ait été arrangé et parfois modifié par Florian Borchmeyer, l’histoire dans sa dramaturgie reste identique. Le docteur Tomas Stockmann travaille pour la station thermale de sa ville natale, dont son frère est maire, et est marié à Catherine avec qui il a un enfant en bas âge. Son ami Hovstad, rédacteur en chef du journal progressiste de la ville, lui demande d’écrire un article élogieux sur les thermes afin de consacrer sa réputation et attirer des touristes pour l’été. Seulement, dans ses recherches, Stockmann a décelé l’origine des maladies qui s’étaient multipliées parmi les patients de la cure ces derniers temps : les eaux sont empoisonnées par les industries voisines, à tel point qu’elles deviennent dangereuses pour la santé de la clientèle des thermes, qui y vient pour se soigner. Mis au courant de ces découvertes, le journaliste accepte de publier un article assassin mettant en cause la municipalité, le vieil ennemi du journal. Aslaksen, président du syndicat des propriétaires de la ville, qui détient aussi le journal, atteste aussi Stockmann de son soutien, à condition de modération. Seul le maire de la ville est furieux : les thermes, c’est son projet ; les attaquer, c’est s’en prendre à sa réputation. 

La principale conclusion du mémoire de Stockmann est qu’il faut fermer immédiatement les thermes et engager des travaux onéreux. C’est l’argument, utilisé par le frère du docteur, qui fera tout basculer. Le contrat d’exploitation de la station thermale indiquant que ces dépenses sont à la charge de la ville, le seul moyen d’assainir l’établissement est d’augmenter les impôts. Le journal, en difficultés financières, ne peut se permettre de défendre cette cause auprès des contribuables de la ville, qui bouderaient un papier qui milite contre leurs intérêts. De la même façon, Aslaksen retire son soutien au nom de la défense des propriétaires, premiers touchés par une hausse d’impôts.

Stockmann, qui ne peut se résoudre à taire le scandale et se bat pour faire éclater la vérité, subit une cabale de ses détracteurs qui souhaitent, eux, atténuer les conclusions pour n’entamer que des réparations marginales et insuffisantes. Alors qu’il croyait être soutenu par une majorité compacte, celle-ci se retourne contre lui et lorsque le docteur organise un meeting pour diffuser ses résultats au plus grand nombre, le maire prend la parole pour le faire taire. Dans la version d’Ibsen, Tomas s’insurge contre la tyrannie de la majorité, s’enflamme dans un discours contre les masses imbéciles qui entérine son statut d’ennemi du peuple. Ostermeier mêle ce discours avec des textes extérieurs à la pièce d’Ibsen et en profite pour faire réagir le public.

Le dernier acte ébranle finalement les certitudes de la salle alors que par un tour de passe-passe, Stockmann et sa femme se trouvent eux aussi pris entre la défense de leurs intérêts et celle de la vérité.

Sur la forme, le co-directeur de la Schaubühne de Berlin impressionne. Réussir à adapter un texte vieux de près de cent trente ans à la vie quotidienne d’une bande de trentenaires un peu bobos dans le Berlin du vingt-et-unième siècle relève d’autant plus de l’exploit que tout y est extrêmement naturel. Quand les acteurs s’approchent des micros et lancent les premiers accords de morceaux de Damien Rice, David Bowie et Gnarls Barkley, cela fait sens ; de même, les dessins à la craie qui ornent les murs l’appartement ne sont ni gratuits, ni laissés au hasard. On est loin de ces nombreux metteurs en scène contemporains qui pensent qu’il suffit de décors minimalistes en plastique ou acier et de bruits conceptuels soutenant un texte déclamé sur un seul ton pendant quatre heures pour renouveler un genre. Non, Ostermeier défend son théâtre réaliste jusqu’à transformer ses acteurs en conférenciers qui demandent le «vote du public» et ses réactions lors de la réunion publique. Une interaction totalement maitrisée, toujours au service du texte et de son sens. On change de lieu en deux minutes grâce à quelques coups de rouleaux de peinture, la tribune devient frigo, l’anti-héros humilié subit une salve de bombes de peinture. Tout y est artistique, sensé et renversant à la fois. 

Sur le fond, le metteur en scène évite de peu le dérapage grâce à une conception du théâtre juste, profonde et, paradoxalement, prudente. Dans une interview au Monde, il déclare : 

« Je considère que Brecht a voulu donner trop de réponses et poser trop peu de questions. Or, selon moi, le théâtre n’est pas l’endroit où l’on apporte des réponses, mais la scène où s’exposent les questions »

En lisant d’autres entretiens d’Ostermeier dans la presse, on s’attend à une pièce très engagée à gauche, anti-capitaliste, anti-libérale, dénonçant le monde de l’argent. La présence, projetés au rideau ou insérés dans le texte du meeting, de passages de L’insurrection à venir, du Collectif invisible, proche du mouvement des indignés, renforce cette impression. Pourtant, si c’est sûrement le positionnement politique du directeur de théâtre allemand, la pièce est beaucoup plus subtile : les passages de L’insurrection à venir, oeuvre très radicale, dont, selon le metteur en scène, la « rhétorique [est] parfois proche de celle de Carl Schmitt » (idéologue nazi pendant la Seconde Guerre mondiale) sont présents pour « montrer son ambiguïté profonde, » toujours en vue de soulever des questions plutôt que d’y répondre. 

Par ailleurs, si une interprétation socialiste de la pièce est possible, l’intention de l’auteur, elle, est bien libérale. Une traduction d’Un ennemi du peuple datant de 1910, que j’ai trouvée sur un marché d’Avignon, fait explicitement de Stockmann, Hovstad et Billing des défenseurs du libéralisme et de leur Gazette du peuple un journal libéral. Ostermeier se garde bien d’utiliser ces termes, trop connotés péjorativement à notre époque. Pourtant, ce sont des concepts propres au libéralisme classique du dix-neuvième siècle (une époque où libéralisme politique, économique, moral, etc. étaient encore à juste titre perçues comme des facettes d’une même philosophie) qui sont au coeur de la pièce : 
- le despotisme de la majorité tel que décrit par Tocqueville dans
La Démocratie en Amérique
- l’importance cruciale de la protection des droits individuels contre l’arbitraire des pouvoirs facilement corruptibles, excellemment exposée dans la
Route de la servitude de Hayek,
- la réflexion sur la manière de donner un primat à la vérité sur le nombre souvent «imbécile», qui chez John Stuart Mill, prend la forme d’un hypothétique vote à valeur double accordé aux hommes de lettres et aux scientifiques (
Considérations sur le gouvernement représentatif),
- l’idée que la démocratie qui consiste en une succession de choix pris à la majorité sur tout et n’importe quoi, ayant autorité sur tous les membres de la société, ne vaut pas grand chose (que l’on retrouve par exemple dans
De la liberté des Anciens comparée à celle des modernes de Benjamin Constant).

Contrairement à ce qui est dit ici ou là, donc, ce n’est ni le libéralisme, ni le manque de démocratie directe qui est critiqué dans cette pièce, mais les conflits d’intérêts. Comment le maire peut-il objectivement défendre l’intérêt général alors que sont élection repose sur l’avis des citoyens de la ville, influencé par le niveau des impôts et non sur celui des touristes de la cure thermale, qui ne sont que de passage ? Comment un rédacteur en chef peut défendre une hausse des impôts de ceux qui sont les abonnés du même journal ? De même pour le directeur du journal qui est aussi président de l’union des propriétaires… Comment, enfin, persister envers et contre tout à défendre ses opinions, jusqu’à perdre son emploi et son logement, alors que l’on a une famille à nourrir ? 

Comment faire en sorte que les intérêts particuliers coïncident avec l’intérêt général et qu’un citoyen ne cède pas à l’attrait des intérêts sinistres, c’est décidément la réflexion toute libérale que suscite un Ennemi du peuple tant dans sa version originale que dans l’adaptation de Thomas Ostermeier.

“De toutes façons je ne pourrais jamais être d’un parti qui aurait la majorité pour lui. Björnson dit : “La majorité a toujours raison.” Un politicien d’esprit pratique doit s’exprimer ainsi. Mais moi, je dis : “La minorité a toujours raison.” Je pense à cette minorité qui marche en avant, laissant derrière elle la majorité. J’estime que celui-là a raison qui est plus près d’être en intelligence avec l’avenir.”

Henrik Ibsen - Lettre à G. Brandès - 3 janvier 1882

Du soutien du @PartiLiberal accordé à de nombreux candidats chrétiens-démocrates (@le_pcd)


Electeur libéral de la deuxième circonscription de Paris, je me suis mis au moment de la communication de la liste des candidat(e)s officiel(le)s à la recherche du (de la) candidat(e) le (la) plus en accord avec mes valeurs et à qui je pourrais donc accorder mon suffrage. J’y ai trouvé une chose étrange et qui manifestement n’est pas spécifique à ma circonscription (1), à savoir que la candidate officiellement soutenue par le PLD, le Parti Libéral Démocrate, est encartée au Parti Chrétien-Démocrate (PCD), structure créée par Christine BOUTIN en 2001, dont on connait les idées assez conservatrice en matières de liberté des moeurs.

Cette double affiliation - libérale et conservatrice - est selon moi contre nature bien qu’elle soit totalement assumée (2) par Alix Fourier, la candidate en question. Le conservatisme, qui justifie ses engagements au nom des traditions (des “racines”) ne peut pas être compatible avec le libéralisme qui n’avance que la liberté, souvent contre les traditions - c’est d’ailleurs sur cette opposition qu’il s’est construit. Si j’approuve totalement, au nom de la pluralité politique, la candidature de la centaine de candidats du PCD, je regrette que l’étiquette libérale, marque de soutien, soit associée à certains d’entre-eux. Je ne comprends pas comment l’on peut défendre des idées de liberté individuelle et ne pas combattre politiquement des candidats qui mettent au coeur de leurs engagements la défense d’un certaine vision de la famille, décrite comme l’association “père-mère-enfant, cellule de base de la société”. Selon moi, ne peut se prétendre libéral qu’une personne qui ne cherche pas à imposer sa propre définition de la famille à l’Etat. N’est libéral que celui qui choisira soit de ne soutenir (moralement ou financièrement) aucune forme d’organisation famillale, soit de les soutenir toutes. Pour citer Ron Paul, candidat libertarien à la primaire républicaine aux Etats-Unis, défendre la liberté, c’est être “favorable à toutes les unions (associations) volontaires, et les gens peuvent les appeler comme ils le veulent”. 

Cette méprise provient d’une assimilation trop fréquente du libéralisme à une doctrine uniquement économique (et d’ailleurs souvent mal comprise) qui exonérerait les libéraux d’une cohérence entre leurs engagements concernant les libertés économiques et les libertés sociales. Or ce qui doit pousser les individus à soutenir le libéralisme économique, ce n’est pas seulement que c’est une doctrine qui s’avère efficace (si l’on prend la croissance, le chômage ou le pouvoir d’achat comme indicateurs et à condition de ne pas assimiler la doctrine libérale au capitalisme de copinage) mais c’est surtout que c’est un ensemble de valeurs justes (qui met en avant les libertés et l’humanisme au nom d’une certaine importance donnée aux individus contre la tyrannie des majorités). Ces valeurs, si on y adhère vraiment, ne peuvent se cantonner au domaine économique et l’on doit, au nom de ces principes, autant soutenir la liberté des actions économiques que celle des actions sociales.

A mes réserves, Aurélien VERON, président du PLD m’a répondu sur Twitter que “les libéraux n’ont pas tous la même vision de l’ordre social spontané” et qu’il fallait donc être tolérant et en appeler au rassemblement des sensibilités libérales. 

Il faisait ainsi référence à un auteur libéral très influent au XXe siècle, Friedrich HAYEK, qui a mis ce concept au coeur de sa pensée. Certains libéraux expliquent, en effet, l’ordre spontané à l’aune de leur foi et lui donne une origine divine : s’il existe un ordre efficace et juste et qu’il est spontané, avancent-ils, c’est que Dieu l’a voulu. Mais si cette vision n’est effectivement pas incompatible, bien au contraire, avec le libéralisme, elle ne peut justifier une association des libéraux aux conservateur, comme je l’ai expliqué plus haut. Pour appuyer ma position, je renvoie d’ailleurs les lecteurs à un texte de M. HAYEK intitulé “Pourquoi je ne suis pas un conservateur” et dont la citation introductive du Lord ACTON parle parfaitement d’elle-même :

“En toutes les époques, les amis sincères de la liberté ont été rares, et ses triomphes ont été dus à des minorités qui ont prévalu en s’associant à des auxiliaires dont les fins différaient souvent des leurs; cette association, qui est toujours dangereuse, a parfois été désastreuse, en ce qu’elle a donné aux opposants des bases justes d’opposition.”

A ces sages paroles, je n’ai rien à ajouter si ce n’est qu’elles devraient être plus souvent méditées dans les cercles de pensées libéraux.

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(1) Citons entre autres, Blandine KRYSMANN (1ère circonscription de Loire Atlantique), Louis-Georges BARRET (2ème circonscription de Loire Atlantique, qui semble tellement proche du PLD qu’il en ignore le logo et utilise celui des Liberal Democrats anglais pour preuve du soutien du parti français), Xavier ROCHE (6ème circonscription des Yvelines), Audrey LEVAVASSEUR (3ème circonscription de Seine Saint Denis), …

(2) “Sur le plan des idées, je me définis comme libérale-conservatrice.” Site de campagne - section “Qui suis-je ?”

#Présidentielles #Sarkozy #Hollande


‎”Il faut gagner” : axiome incontestable et légitimateur ultime qui régit et dirige toute (tentative de) réflexion de part et d’autre d’un deuxième tour d’élection présidentielle. Mais gagner quoi, pour quoi, avec qui, comment et qu’est-ce que VRAIMENT “gagner” au fond ? On s’en fout ! “IL FAUT GAGNER !”

“Rien n’a sans doute tant nui à la cause libérale que l’insistance butée de certains libéraux sur certains principes massifs, comme avant tout la règle du laissez-faire.”

Friedrich A. Hayek, La route de la servitude, PUF Quadrige Grands Textes, p.20

Chacun a ses raisons de voter @Bayrou : voici pourquoi.


Photo : tous droits reservés ©Soazig de la Moissonnière

Etant donnés les sondages, les deux candidats qui franchiront l’épreuve du premier tour pour se qualifier au second semblent d’ores et déjà connus. Est-ce une raison pour ne pas aller voter ? Devons-nous en déduire que la seule utilité que nous pouvons donner à notre vote soit de faire passer la peste devant le choléra ? Je ne le pense pas.

En effet, ce que nous apprennent les intentions de vote, ce ne sont pas uniquement les qualifiés pour la bataille finale. Nous remarquons qu’il y a trois groupes de candidats. Les deux représentants des partis majoritaires de droite et de gauche, MM. Hollande et Sarkozy. Cinq représentants de petits courants de pensée (Mmes Arthaud et Joly et MM. Cheminade, Poutou et Dupont-Aignan) qui n’auront définitivement aucune influence sur la politique qui sera menée pendant le prochain quinquennat, faute de représentativité. Et entre les deux, trois candidats qui réunissent chacun entre 10 et 15% des voix, voire un peu plus, et qui peuvent vraiment utiliser leur poids politique (positivement ou négativement). L’un, M. Mélenchon, a pour objectif de faire pencher les orientations politiques du candidat Hollande encore plus à gauche. L’influence de Mme Le Pen reflète un réservoir de voix important sur lequel le Président-candidat Sarkozy devra capitaliser à grand renfort de coups électoralistes pas toujours très honnêtes. M. Bayrou, enfin, pourra en fonction de son score au premier tour, peser au deuxième sur les choix du candidat de l’UMP et sur ceux du représentant du PS. 

En l’état actuel des choses, si vous n’avez pas fait votre choix, rien de sert de voter pour les deux candidats déjà majoritaires : de toute façon, ils passeront au second tour, que vous votiez pour eux ou non.

Voici des arguments qui me sont propres et qui s’adressent à tout le monde. Vous pouvez directement vous référer au paragraphe qui concerne votre hésitation, si vous n’avez pas le temps de tout lire.

Certes, certains se réclament de la droite. S’ils n’ont pas déjà fait leur choix, c’est qu’ils sont à la fois gênés par les excès du candidat qui devrait «logiquement» leur être le plus proche. En lisant sa profession de foi, cela semble évident : 

  • glorification d’un bilan que l’on polit pour faire apparaître plus brillant qu’il ne l’est, 
  • utilisation du drame de Toulouse (les premières mesures concrètes du document concernent la lutte contre l’endoctrinement et les peines planchers, sujets négligeables à côté de l’emploi et de l’éducation), 
  • insistance indécente sur l’immigration (rien ne sert de se focaliser sur une partie de la population, comme si notre pays s’en serait mieux sorti sans ses immigrés !), 
  • culpabilisation des chômeurs et des bénéficiaires du RSA qui feront l’objet d’un référendum pour que toutes les passions populaires attisées par une situation économique difficile trouvent leur bouc émissaire,
  • et attaques basses, mesquines et constantes contre le candidat Hollande alors que s’il a parfois tort sur certains sujets, il représente une partie non négligeable de notre communauté nationale ; il s’agit de travailler dans la meilleure ambiance possible à la reconstruction de notre économie plutôt que de constamment se mettre des bâtons des les roues. De plus, la volonté souvent vilipendée de M. Hollande de renégocier le dernier traité européen semble bien risible face aux ultimatums que lance Nicolas Sarkozy à l’Union : «Si l’Europe ne retrouve pas la maîtrise de ses frontières dans un délai d’un an, la France suspendra sa participation à l’espace Schengen.» En matière d’apaisement des relations intra-européennes, on a connu mieux.

N’oublions évidemment pas les polémiques montées de toutes pièces pour détourner des vrais enjeux ou séduire les électeurs potentiels du FN : permis de conduire, halal, délinquance des étrangers… 

Face à ce constat et à l’analyse des intentions de vote, il n’y a qu’un choix à faire pour un sympathisant de droite : voter Bayrou. De toute façon, même si Sarkozy est au second tour, il perdra face à Hollande alors que Bayrou gagnerait. Cette hypothèse (peut être excessive) mise à part, seul Bayrou est en mesure de contrecarrer les excès gauchistes du candidats du PS, à condition que de 10%, il passe à au moins 15%. A condition, donc, que vous votiez pour lui.

Certes, d’autres se réclament de la gauche mais, socialistes, ils savent qu’aucune politique sociale ne pourra être réellement menée sans rétablissement préalable des comptes publics. Un effort est nécessaire aujourd’hui ; si l’Etat dépense plus demain, il ne dépensera plus rien après-demain, car il sera en faillite. Cela, ces socialistes le savent et malgré le double discours de «leur» candidat qui paraît raisonnable à Londres et excessif quand il parle aux électeurs de Mélenchon, il n’en reste pas moins qu’à la lecture de sa profession de foi, on trouve :

  • Retour au droit à la retraite à 60 ans, création de 60 000 postes dans l’éducation nationale, de 150 000 emplois aidés (financés en partie par l’Etat), création d’une allocation d’études et de formation, de 1 000 postes supplémentaires par an dans la police, la gendarmerie et la justice, 
  • Construction de 2,5 millions de logement et cession gratuite de terrain de l’Etat aux collectivités territoriales,
  • revalorisation immédiate de 25% de l’allocation de rentrée scolaire, blocage du prix de l’essence en renonçant à une partie des taxes sur les produits pétroliers.

Nous n’avons pas les moyens de financer ces mesures ! Et cela est à mettre en relation avec des augmentations d’impôt pour les plus riches qui n’auront aucun effet sur les comptes publics - cette mesure fera fuir les nantis et touche tellement peu de monde que ses revenus sont négligeables. A mettre en relation, aussi, avec des hypothèses de croissance gonflées aux amphétamines qui nous mettrons bien dans l’embarra lorsqu’elles auront dégonflé face à la réalité. Enfin, n’oublions pas la volonté affichée de reclasser les amis du PS dans la haute fonction publique, quelque soit leur compétence, uniquement en fonction d’une proximité partisane. Est-ce la vision qu’un républicain doit se faire de l’Etat ?

François Hollande distance tellement Nicolas Sarkozy dans les sondages qu’on peut déjà être sûr qu’il va être le prochain président de la République. Il s’agit, en votant pour Bayrou, d’inciter Hollande à prendre conscience de sujets cruciaux : il faut proposer un projet de redressement des finances publiques crédible, il faut focaliser nos politiques sur l’emploi et l’éducation, il faut moraliser la vie publique. La menace d’une gauchisation du discours d’Hollande par l’influence de Mélenchon doit être contrecarrée par un recentrage grâce à un vote Bayrou fort.

D’autres, encore, sont tentés par le vote Mélenchon. Il faut les comprendre, le candidat du parti communiste a un talent d’orateur rarement observé dans la vie politique française depuis des années. Mais voilà, il est communiste, c’est-à-dire, très peu au fait des mécanismes économiques. D’ailleurs il le dit lui même : «l’économie n’est pas le résultat d’une loi de la nature». Mélenchon croit donc que nous pouvons tout faire : augmenter les dépenses et baisser les impôts sans qu’il n’y ait jamais de conséquences sur les citoyens les moins aisés, par exemple. C’est dommage, car il met, lui, le doigt sur des questions importantes : pouvoir d’achat, emploi, éducation. Mais il ne se donne pas les moyens de les résoudre et aggraverait même la situation dans ces domaines s’il appliquait son programme. Prenons un exemple : le financement des dépenses publiques. Il y a plusieurs manières de financer une politique sociale (comme toute autre politique) :

  • L’impôt, d’abord, qu’il soit sur les particuliers ou sur les entreprises touche toujours les contribuables ou les consommateurs, c’est-à-dire tout le monde. L’impôt sur le revenu les touche directement. La TVA participe à augmenter les prix et touche donc les consommateurs. Les impôts sur les sociétés sont soit répercutés sur les prix, soit sur le niveau d’embauche ou de salaire (une entreprise taxée paie moins bien ses salariés ou embauche moins qu’une autre entreprise, car elle aussi, doit gérer son budget).
  • L’emprunt, ensuite, touche aussi de différentes manières les mêmes personnes. Lorsqu’il est contracté directement auprès d’investisseurs privés ou à travers des banques, il faudra le rembourser. C’est la manière la plus habile que nous ayons trouvé pour financer nos politiques : faire peser le poids de nos dépenses sur nos enfants ; il ne se plaindront pas… dans l’immédiat en tout cas. C’est d’autant plus immoral que nos enfants devront rembourser le coûts de nos politiques plus les intérêts de la dette, qui sont d’autant plus grands que notre situation est difficile. On peut en effet comprendre qu’un préteur réclame des garanties lorsqu’il délivre un prêt qui ne sera pas remboursé avec certitude. Ces garanties sont les intérêts de la dette et ceux-ci seront d’autant plus grands que nous aurons du mal à les rembourser. C’est l’effet boule de neige de la dette.
  • Enfin, M. Mélenchon a trouvé une autre manière de payer nos dépenses. Il s’agit de considérer la dette que nous avons contractée comme des lignes comptables, des écritures qu’il suffirait d’effacer puisque, selon lui, il n’y a rien derrière, pas d’argent réel. De manière systématique, cela signifierait que l’on pourrait demander à la Banque Centrale Européenne de frapper et d’imprimer pour la France des pièces de monnaie et des billets tous neufs. De nous faire un prêt sans que nous n’ayons jamais à le rembourser. Cela paraît insensé mais pourtant un tel mécanisme a déjà été mis en place à de nombreuses reprises et peut être justifié. Mais encore une fois, il faut que quelqu’un paie. There is no free lunch : il n’y a pas de repas gratuit. Mais alors qui paie ? Ce qu’il se passe est qu’en créant de la monnaie nouvelle, les pièces et les billets que nous détenons valent moins cher. C’est comme si l’on trouvait de l’or partout : ça ne vaudrait plus rien étant donné que ce qui fait la valeur de l’or, c’est sa rareté. Comme la monnaie vaudrait moins, il en faudrait plus pour acheter une baguette, un steak ou une pizza, car ces choses ont, elles, la même valeur. C’est pourquoi on dit que la planche à billet (l’impression de monnaie nouvelle sans besoin de la rembourser) provoque une augmentation des prix, de l’inflation. Une fois encore, ce sont les consommateurs qui paient, donc. 

M. Bayrou a compris tous ces mécanismes. C’est le plus économiste des candidats. Il sait que faire des promesses ne sert à rien car ce seront toujours les mêmes qui paieront, c’est un fait. Mais si nous ne faisons pas l’effort de payer aujourd’hui, nous devront payer encore plus demain au point de devoir sérieusement couper dans les dépenses sociales, les salaires, les retraites, les allocations chômage. Alors qui est le plus social ? Celui qui promet que nous n’auront rien à payer et qui provoquera une baisse des salaires demain ? Ou celui qui appel à l’effort aujourd’hui pour pouvoir vivre plus librement demain ?

Mélenchon ne sera pas président. Son but est d’influencer Hollande, par son score, pour qu’il gauchise son discours. Et c’est pour cela qu’il faut voter Bayrou, pour contraindre Hollande à choisir entre un recentrage et une gauchisation excessive et dangereuses pour les financies publiques, l’emploi et la croissance.

Enfin, il y a le vote Marine Le Pen, qui pourrait en attirer certains. Il faut dire que la candidate du FN dit tellement tout et son contraire qu’il doit bien y avoir quelque chose dans son discours qui peut toucher tout le monde. Il s’agit pourtant d’avoir la tête froide et d’y voir clair. Marine Le Pen reste la candidate du FN et s’inscrit donc politiquement dans lignée de Jean-Marie Le Pen. Ce n’est pas une histoire père-fille, c’est une histoire politique. Le FN est un parti nationaliste, une doctrine qui tient en ses piliers l’inégalité : selon Marine Le Pen, tout ce qui est français est forcément supérieur au reste, par définition. Il n’y a donc aucune humanité à avoir pour les immigrés, pour les peuples opprimés alors qu’ils cherchent la liberté (Libye, Syrie, Egytpe, …), pour les pays sous-développés qui crient famine. Le FN glorifie tout ce qui relève de la nation française et rejette tout ce qui n’en relève pas, il élève les frontières comme la plus haute protection contre les prétendus assauts de l’extérieur. 

Il n’y aucune preuve permettant de dire que Marine Le Pen est raciste, comme on a pu l’entendre. Mais on sait que son père a été condamné pour injures antisémites et continue à utiliser, dans ses discours pour la campagne de sa fille, des citations d’auteurs collaborationnistes. Il a beau se défendre en expliquant qu’utiliser une citation ne signifie pas approbation de toute la pensée, je doute qu’il ait pu un jour citer Marx, parce qu’une de ses phrases lui plaisait, indépendamment de sa pensée. Il faut donc bien comprendre que voter Marine Le Pen, c’est voter pour ce qui est apparent et pour ce qui ne l’est pas : l’inégalité, l’absence d’humanisme et les relents racistes.

Sur le plan économique, l’isolement sur la Nation que propose le FN aussi contre-productif qu’il est injuste. 

Parlons du protectionnisme. Qu’est-ce que c’est ? Il s’agit simplement de taxer tous les produits qui rentrent sur le territoire pour les rendre plus chers que les produits français. L’objectif affiché est de protéger la production française et ses emplois. On pense ainsi diminuer la production des autres pays, en tout cas en ce qui concerne la partie importée en France et donc en quelques sortes, exporter le chômage des Français, le transformer en chômage pour les autres pays. Peut-on imaginer, d’une part, que ces pays ne se laisseront pas faire ? Ils feront la même chose pour leur production, augmenterons les taxes de nos produits pour qu’ils soient plus chers dans leur pays. A force de vouloir exporter le chômage, on finit par se lancer entre pays une patate chaude qui nous brûle tous les doigts. Sans compter que plus aucun pays n’importerait la production des autres et donc que plus personne n’exporterait. Résultat : chômage des deux côtés des frontières et des prix qui ont augmenté de part et d’autre. Voilà comment atteindre le contraire de ce que l’on espérait.

Il y a un autre point dans le programme économique de Marine Le Pen sur lequel j’aimerai revenir. Le FN utilise souvent les critiques des citoyens «de base», «du peuple», comme on dit souvent, pour en faire une mesure. Ce qui est assez légitime. Prenons le pouvoir écrasant des supermarchés face à aux petits commerces. Marine Le Pen propose que, pour lutter contre cette inégalité de traitement, l’Etat interdise l’ouverture de nouveaux supermarchés. Voilà ce qu’en serait la conséquence : prenons une ville M (pour Marine) où cette mesure est installée, c’est-à-dire où un seul supermarché est ouvert et où l’ouverture de tout autre magasin est interdit et une ville L (pour libre) où d’autres supermarchés, disons 2 autres, sont ouverts. Dans la ville M, un producteur de lait souhaite vendre son lait pour 1€ le litre à la grande surface. Celle-ci n’est pas d’accord, elle ne l’achètera que pour 50 centimes. Le producteur est coincé, car s’il ne vend pas son lait, il ne peut pas vivre alors que d’autres producteurs sont prêts à le vendre, à ce prix là, à la grande surface. Il le vend donc à 50 centimes. S’il était dans la ville L, il aurait pu aller voir le deuxième, puis le troisième supermarché et aurait pu vendre son litre au plus offrant. Avec un peu de chance, il aurait même pu le vendre à plus de 1€. De la même manière, dans la ville M, Mme Toutlemonde achète son lait à l’unique supermarché. Tous les jours, elle se plaint d’un prix excessif et sait, parce que son voisin connaît un producteur de lait, que le supermarché fait une énorme marge sur le litre de lait. Mais elle ne peut rien faire. Si elle avait été dans la ville L, elle aurait eu le choix entre 3 magasins et aurait pu choisir le litre de lait le moins cher. Chaque supermarché essayant de réduire son prix pour attirer les consommateur, il aurait eu une marge de moins en moins forte. Mais voilà, Marine Le Pen ne l’a pas compris et encore une fois, fait l’inverse de ce qu’elle devrait faire.

François Bayrou, lui prend du recul sur les choses et consulte des spécialistes de l’économie comme Robert Rochefort (ancien président du CREDOC) et Jean Peyrelevade avant de faire des propositions. Elu, il laisserait le Parlement décider des modalités d’application d’une loi. Les excès et la précipitation en fonction de considérations démagogiques ne peuvent qu’aggraver une situation déjà difficile pour tous. C’est la raison pour laquelle, François Bayrou serait le plus à même de diriger la France. De toute manière, si l’on veut changer les choses, sortir de la prédominance de l’UMP et du PS, voter Marine Le Pen est une absurdité : si elle peut passer au deuxième tour, elle n’atteindra jamais les 50% nécessaires à la victoire. 2002 en est un exemple. Bayrou, lui, serait gagnant contre Sarkozy et contre Hollande s’il était au deuxième tour.

Le choix d’un président ne doit pas se faire sur une impression que l’on a du candidat. On ne s’empêche pas de voter pour une personne parce qu’elle n’articule ou ne prononce pas comme on l’aimerait. Je sais que beaucoup de personnes n’apprécient pas le charisme prétendument limité de François Bayrou ou sa soit-disante forte estime de soi. Mais être citoyen, c’est trancher sur des idées. Je demande à tous les électeurs d’aller outre leur a priori et de trancher sur le fond des programmes. L’avenir de la France en dépend.

#LaFranceSolidaire, slogan préféré des Français. #CSA #Bayrou @Bayrou

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